Une femme regarde son portrait et me dit : « Elle est si belle, si triste… Vous comprenez, j’ai exactement le même âge que le sien…Et je n’ai rien fait, elle oui et moi rien… Je ne sais pas pourquoi je n’ai rien fait, j’aurais pu… » 

1942, Denise Jacob est lycéenne à Nice. Elle écoute les messages des Forces françaises libres sur radio Londres, et avant l’arrivée des élèves et des professeurs, les recopie sur le tableau noir de sa classe, elle est très active au sein d’une association qui cache des enfants juifs. 

1943, les arrestations se multiplient, Denise refuse de se cacher et parvient à intégrer le mouvement « Franc-tireur » à Lyon, elle devient agent de liaison. 

Nice, mars 1944, toute sa famille est arrêtée et déportée. 

Denise intègre la lutte armée à Annecy, chargée d’aller chercher des émetteurs dans un maquis en Bourgogne, elle part à bicyclette. Le 18 juin 1944, le taxi qui la ramène est arrêté à un barrage. Conduite à la Gestapo à Lyon, elle est torturée. Elle ne parle pas. Arrêtée sous sa fausse identité, les nazis ne découvrent qu’elle est juive, elle est déportée à Ravensbrück, puis au camp de Mauthausen le 2 mars 1945. 

Elle est libérée par la Croix Rouge internationale le 23 avril 1945.

Sa mère, Yvonne Jacob, meure à Auschwitz, son père et son frère déportés en Lituanie ne rentreront pas. Denise retrouve Madeleine et Simone, ses deux sœurs.

Denise Vernay s’est éteinte à Paris le 4 mars 2013, dans sa 89ème année.

Denise Vernay, dite Miarka