Je l’aime tout de suite. Mais comment lui rendre grâce ? Elle est de ceux dont on ne peut figer le mouvement, de ceux chez qui tout le corps compte. La photographie prend un petit bout de cette vie. 

Gisèle ne supporte pas qu’on lui prenne un bout de vie !

En 1940, Gisèle vit dans une cité ouvrière en Normandie, à Montdeville, seule fille dans un groupe de six jeunes gens, ils distribuent des tracts dénonçant la collaboration de l’usine. Au printemps 1941, Gisèle est responsable du Front patriotique pour le Calvados, un mouvement mis sur pied par le parti communiste.

En juin 1941, Marcel Deterpigny le fiancé de Gisèle, est blessé gravement par la Gestapo, il meurt six mois plus tard. Le 26 septembre 1941, ses compagnons sont arrêtés à la suite d’une distribution de tracts. Ils sont tous fusillés. 

Gisèle intègre les F.T.P.F. Elle est arrêtée en avril 1943 avec vingt-trois membres du réseau, quatorze garçons sont fusillés. Gisèle est condamnée à mort, sa peine est commuée en emprisonnement, elle est incarcérée dans des forteresses allemandes, puis déportée à Ravensbrück en avril 1944, et transférée au camp de Mauthausen où elle sera libérée le 23 avril 1945.

Gisèle Guillemot s’est éteinte à l’Hôpital Militaire des Invalides le 31 janvier 2013 dans sa 92ème année.  

Gisèle Guillemot