Marie Josée Chombart de Lauwe annule nos rendez-vous les uns derrière les autres. Puis accepte. Elle me montre avec bonheur des dizaines de photographies épinglées sur un mur de son salon : des portraits de ses enfants de ses petits-enfants. 

En 1940, Marie Josée a dix-sept ans et est élève en classe de première à Tréguier, en Bretagne. Ses parents appartiennent à un réseau d’évasion vers l’Angleterre : le réseau George France 31.

Eté 1941, Marie Josée circule à bicyclette sur la côte nord de la Bretagne. Elle récolte des renseignements sur la défense côtière. Pendant l’année scolaire 1941-42, elle est étudiante en médecine à Rennes, son Ausweis lui permet d’assurer la liaison entre Rennes et la côte qui est zone interdite. Plusieurs arrestations permettent à un agent double d’infiltrer le réseau. En mai 1942, Marie Josée et ses parents sont arrêtés.

Marie Josée et sa mère sont déportées à Ravensbrück. Au camp, Marie Josée travaille à la nurserie, elle s’occupe des nouveau-nés, ces bébés meurent presque tous, seuls trois bébés français nés à Ravensbrück survivront. 

Le Docteur Wilborts, son père, est mort à Buchenwald en février 1945.

Marie -Josée et sa mère font partie d’un convoi noir emmené à Mauthausen, en mars 1945, où elles seront libérées par la Croix Rouge internationale le 22 avril 1945.

Marie Josée Chombard de Lauwe