Michèle joue longuement avec son collier, ce n’est que lorsqu’elle renonce à le triturer que je parviens à faire une photo qui me plait.

Michèle me dira à plusieurs reprises : « Il faut que je vous raconte la difficulté d’être déportée avec sa mère … », sans finalement me raconter.

 

Le 17 juin 1940, c’est la capitulation.  Michèle a seize ans. Ses parents ne supportent pas l’occupation allemande. Michèle dit : « C’était insupportable, ma mère pleurait, mon père était profondément blessé… ». 

La famille Moet entre en résistance de façon naturelle et évidente. Ils recopient et distribuent des tracts. Les parents de Michèle cachent des pilotes américains, leur fournissent de faux papiers et de faux certificats de travail. A partir d’Octobre 1943, Michèle emmène des aviateurs de la province vers Paris. Un jeune homme du réseau est arrêté et à sa suite tout le réseau tombe.

Le 28 avril 1944, Michèle et ses parents sont arrêtés (son frère n’a que douze ans il échappe à l’arrestation). 

Gérard Moet meurt à Buchenwald le 6 mars 1945. 

Michèle et sa mère sont déportées à Ravensbrück, puis partent travailler en Kommando à Torgau et Königsberg sur Oder. 

Libérées par l’Armée Russe le 5 février 1945, elles ne rentreront en France que quatre mois et demi plus tard, le 21 juin 1945.

Michèle me dit : « Il faut faire attention à laisser bien endormi le petit SS qui est au fond de chacun de nous… »

Michèle Agniel