Paysages sur miroir...

On ne contemple pas de loin les photographies de Marie Rameau, elles appellent le spectateur dans leur espace et l’amènent à s’aventurer sur des chemins silencieux où règnent à la fois l’épure et la gravité. 

Mais que l’on ne s’y trompe pas, ces petites choses précieuses, ces petits talismans que l’on contemple avec gourmandise, comme s’ils allaient de soi, sont toujours le fruit longuement muri d’un autre travail, invisible celui-là, mais toujours sous-jacent. Car les œuvres de Marie Rameau naissent de mots, d’un travail d’écriture quotidien et presque conceptuel. 

Chez elle c’est l’histoire qui prime, la petite et la grande, dans toute la beauté de leur entremêlement ; et la mémoire au sens le plus noble, la trace presque neurologique des choses vécues qui constitue notre être et nous différencie de tout autre. 

De ces longues heures passées à écrire, le spectateur ne sait rien. 

Les photographies qui en découlent, sont la fin ultime du processus, fixé une fois pour toute dans l’instant maitrisé de la prise de vue et du développement. 

Ces espaces de mémoire, dont on ne verra que la photographie, oublient alors volontairement l’histoire personnelle de l’artiste qui leur a donné naissance. Et s’ils deviennent si proche de nous, c’est que chaque spectateur les drape non pas dans cette histoire dont il ne peut et ne doit plus rien savoir, mais dans celle, intime, qui lui est propre, unique.

Jean-Daniel Mohier

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Paysages silencieux 

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Belle île en mer