« Une photo ?  Je suis trop vieille pour cela… Mais venez, venez me voir ! »

Chez Renée Maurel, on entrait sans frapper. Puis on suivait la direction de sa voix : « Venez donc par-là ! » Jusqu’à la trouver assise à la table de sa cuisine dont la fenêtre grande ouverte laissait voir un jardin au bas duquel coule une rivière.

Elle vous regardait arriver, souriante, les yeux remplis de malice et du plaisir d’une visite.

Octobre 1941, un émetteur est installé, dans le grenier de la maison de Renée Maurel, par les hommes du Réseau Manipule, un grand réseau national qui dépend du BCRA, pour émettre vers Londres. 

Le sous-réseau 57 est dirigé par Etienne Maurel, le mari de Renée.

Dans la nuit du 1er au 2 février 1942, ils reçoivent un message de Londres : « L’oncle Robert est en bonne santé. »

Après un parachutage d’armes venues d’Angleterre et qu’ils ont camouflées, Etienne est arrêté le 12 février 1942 par la Gestapo. Les allemands ne cessent de chercher le matériel. Ils ne trouvent rien.

Le 23 août 1942, Renée est arrêtée à son tour et emmené à la prison Jacques Cartier de Rennes, puis à la prison de la Santé. Elle sera déportée à Ravensbrück le 28 avril 1943, 

Renée Maurel sera libérée par la Croix Rouge suisse. Elle rentre à Rennes le 18 avril 1945. Son mari est mort au camp de Struthof le 23 août 1943.

Renée sera hospitalisée jusqu’en février 1947.

Renée est décédée en septembre 2009.

Renée Maurel